30.10.2008

Apocalypse soon



Tout d’abord, je tiens à présenter mes plus sincères excuses à nos 14 lecteurs pour le silence auquel ma conjoncture professionnelle difficile a contraint ma plume.
Heureusement que Vlad, qui est né riche, a du temps pour alimenter notre site.

Il est de nos jours très difficile d’évoquer l’avenir en brossant un tableau sombre aux reflets pourpre sang.
Difficile car les tenants de la pensée unique vous assomment à coup d’anathèmes en vous rangeant aux rayons des prédicateurs apocalyptiques, des oiseaux de mauvais augure dont le procédé consiste à attiser les peurs pour alimenter les rangs politiques de leur faction extrême dont le système est bâti sur la méconnaissance de l’autre, l’inculture et la peur.
Mais Grand Dieu, le FN est mort, ou quasiment !! Alors peut-être peut-on alerter les consciences sans que pour autant on nous objecte d’employer leurs ressorts rhétoriques à fin de manipulation des masses.

Tout obéit à un cycle, notre corps (cycle de régénérescence des cellules, cycle menstruel), la nature dans sa globalité aussi (saisons, ères), les régimes politiques aussi (principe de la valse des régimes qui finit par l’ochlocratie) et donc très logiquement, l’histoire, également. Les systèmes politiques, économiques, militaires ou de pensées ayant besoin d'être mis en échec pour qu'il y ait rupture et changement mais... pas nécessairement évolution.

La crise économique actuelle dont la brutalité du déclenchement n’a d’égal que le manque de discernement des analystes et autres agences de cotations va nous apporter des enseignements salutaires mais va avoir certaines conséquences bien éloignées des préoccupations des fonds d’investissements anglo-saxons.
En effet, l’argent Roi a été déchu de son trône et force est de constater que l’économie de marché présentée comme sédiment sociétal n’a pas les reins assez solides. Peut-être, certains vont-ils alors détourner les yeux de boursorama.com ou de la galerie marchande de Carrefour pour regarder à nouveau vers…je ne sais pas… une Eglise ? Leur prochain ? Un ciel d’automne dont la beauté est en accès gratuit et illimité quelque soit son niveau social ? Espérons-le.

Mais ce qui m'inquiète est ce que va penser le citoyen Congolais ou Rwandais qui peine à nourrir sa famille et qui est toujours et encore pris entre les feux de conflits ethniques ? Et que va penser le citoyen Français dont l'état n'est pas à même de fournir des logements sociaux salubres ou des structures d'hébergement pour personnes en difficulté ? Que pense-t-il des atermoiements des traders ou du petit porteur qui se lamente devant la mine décatie de son portefeuille d’action ? Que va penser celui qui bénéficie d’un maigre programme d’aide alimentaire de la part des occidentaux qui tout à coup ré-injectent des milliards dans certains secteurs d’activité ? (Les promoteurs Français dont la mégalomanie et le manque d’esprit de prospective vont coûter pas loin de 5 milliards à notre état exsangue ne devraient-ils pas avoir honte ?) Honte devant toi citoyen et contribuable. Honte devant ceux qui ont besoin de nous, qui sont dans l'indigence à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de nos frontières.
Et bien tout ceux-là vont sentir un fossé un peu plus grand se creuser entre eux et la Nation Française et l'Occident en règle général. Et être encore un peu plus sensibles aux sirènes de la propagande Djihadiste.

Notre cher Président de Gaulle qui n’était pas avars de prophéties stupides s’étaient fait le porte étendard de la prolifération de l’arme nucléaire…Equilibre des forces et donc gage de sécurité. Vaste foutaise car il partait du postulat que cette force dissuasive serait, quelques soit le pays, entre des mains responsables… A sa décharge, à son époque, Mahmoud Ahmadinejad n’était sans doute pas né….
Et puis aujourd’hui, si un citoyen européen doit craindre quelque chose ce n’est pas un missile intercontinental mais bien une bombe artisanale généreusement garnie de clous rouillés. L’ère des conflits armés traditionnels est bien révolue… On n’apprend plus aux forces spéciales comment se saisir d’un col de montagne ou d’une tête de pont mais plutôt les subtilités de la guérilla urbaine contre des factions para-militaires.

Je parlais plus haut de la valse cyclique des régimes… Malgré les pantonymes électorales qui donnent l’illusion aux Français de s’inscrirent dans un régime démocratique, nous sommes depuis plus décennies passés au régime oligarchique. Quand on parle d’oligarques aujourd’hui on pense plutôt au conglomérat militaro-politico-industriel qui tient le pouvoir en Russie. Mais Marianne devrait balayer devant sa porte.
Notre conglomérat à nous est connu de tous : politique, media, éducation, milieu d’affaire. Mais ces oligarques sont aujourd’hui dans une situation d’échec : l’éducation nationale noyautée par une pensée marxisante depuis 50 ans en a oublié de remplir ses rôles premiers et n’apprend plus rien à ses enfants ou tout du moins mal, les media déjà garants de la triste pensée unique sont désormais dans une impasse financière qui les convertis peu à peu en immenses catalogues de réclame aux gros titres racoleurs et aux articles creux, le système politique quoique empreint d’un certain dynamisme peine à réformer et se retrouve dans l’impasse, les milieux d’affaires … vous voulez vraiment qu’on en parle … ??
Bref, voici qui laisse la porte ouverte au changement… Néanmoins, en France, le changement s’apparente souvent au chaos puisqu’on ne sait faire évoluer les choses que dans la révolte. Hitler, Mussolini, Castro, Pinochet ou Peron sont encore trop présents dans la mémoire collective pour qu’une dictature reprenne racine. L’ochlocratie alors ?? Je ne le souhaite pas plus.

Alors dans ce contexte…se développe, et on peut le comprendre, un délitement global de notre société. On ne croit plus en Dieu, mais on croyait encore hier en la bourse, alors demain ?? Les hérauts traditionnels, modèles pour les jeunes générations ne sont plus Leclerc ou La Fayette mais des joueurs de football ou des starlettes dont le nom s’envolera des mémoires au gré du prochain vent médiatique. On se replie sur soi et on privilégie les « chats rooms » devant son ordinateur plutôt que les comptoirs des cafés ou autres lieux favorisant le lien social, et enfin, on verse dans le relativisme moral le plus complet pensant que le principe même du progrès est de tout accepter, tout tolérer alors que cela conduit justement à l’affaiblissement des fondements de notre civilisation et à la régression. Le dispositif de valeur d'un homme de 30 ans aujourd'hui n'a strictement plus rien à voir avec celui de son grand-père mai 68 ayant joué un funeste rôle de catalyseur.
La décadence de l’empire Romain a souvent fait l’objet de récupération notamment de la part des homophobes et "bas de plafond" en tout genre exploitant l’idée reçue selon laquelle l’homosexualité et l’alcoolisme ont précipité la chute de cette brillante civilisation.
Que nenni ! N’importe quel historien sérieux démontre que c’est la corruption de ses élites, le manque de citoyenneté et de sentiment d’appartenance et le développement d’un égo-centrisme de société qui l’a affaibli. Et... dans la nature, celui qui est affaibli devient immédiatement la proie des prédateurs…La sélection naturelle parait-il…. Et bien les invasions Barbares qui couvaient à l’aube du 5ème siècle n’ont pas fait exception à la règle et cet empire puissant aux légions organisées et réputées imbattables a été réduit à néant…
Notre barbare à nous n’est ni un Hun, ni un Burgonde ni un Saxon.
Il est aux antipodes de nous. Il croit en Dieu, aime sont pays, aime ses compatriotes, aime ses coreligionnaires, il exalte l’ordre moral, le courage physique, la fierté et la droiture. Mais il est belliqueux, intolérant, suit les prescriptions de sa religion qui l’incite à soumettre par la force les non-croyants, n’hésite pas à recourir à l’arme du pauvre et à frapper les populations civiles.
Lors du 20 ème siècle, tout est parti d’un prétexte ou d’un micro-évenement servant de détonnateur. Il y eu Sarajevo en 1914, la Pologne en 1939, et bientôt ... la bande de Gaza en 2… ??
Notre barbare attend tapi dans l’ombre se délectant de l'observation de notre auto-destruction.

Sauf que contrairement à ceux qui enfonçaient les barricades à cheval il y a 15 siècles, celui-ci a déjà commencé de nous noyauter par internet, les lieux de cultes, les cercles religieux et intellectuels, exploitant la misère pécuniaire, morale et culturelle de populations envers lesquelles nous n’avons été ni responsables ni respectueux.

Je pense que tout être doué d’une conscience politique, d’une morale et d’un peu de bon sens doit aujourd’hui prendre la mesure du péril qui guette l'occident Chrétien. Et travailler humblement au réveil des mentalités par un travail quotidien dans son micro-environnement social. Je compte bien être père de famille bientôt…et je ne veux pas qu’un jour mon fils m’adresse un regard lourd de reproche en me demandant, à juste titre, pourquoi nous avons laissé faire tout ça.

Amon

17.10.2008

Un pays unique...

La France est le seul pays où l'hymne national réussi à être siffler sur son sol, par des supporters théoriquement français. Preuve que la théorie, c'est bien gentil, mais ça ne fait pas tout, il y'a les réalités... Et cette réalité est merveilleuse, car la France est aussi le seul pays où l'on peut lire, entendre après ces événements que si nous français, nous avions œuvré plus efficacement à leur intégration, nous n'aurions pas à nous plaindre.


Les pauvres petits souffrent, et par conséquent "s'exprime". Ils "expriment leur rage à Sarko", à la société. Dans Libé on peut lire le témoignage d'un siffleur : "J'ai sifflé. Je vais vous dire pourquoi. Je ne peux pas aimer une nation qui elle-même ne nous aime pas".


Le premier principe, c'est qu'avant de vouloir se faire aimer, il faut savoir se rendre aimable. Je n'ai aucune envie d'aimer ces gens. De leur être agréable.


Je crois que la France ne leur doit rien dans ces conditions. Eux en revanche doivent beaucoup à ceux qui les accueillent, en premier lieu le respect de tout ce qui représente la nation qui leur ouvre les bras.

 

Vlad.

07.10.2008

Droit dans ses bottes...

Depuis qu’il est reparti, je m’interroge sur comment traiter le passage du Pape en France, et l’enthousiasme qu’il a suscité. Nous avons déjà lu beaucoup de choses à ce propos, sur tout les aspects de sa visite : politique, spirituel, etc. Donc, je ne pense pas que j’innoverai vraiment.

Cela étant dit, j’ai tout de même envie de partager mon émotion. Car en ce qui me concerne, la venue du Saint-Père a été un franc succès. Auprès de notre communauté, mais pas seulement. J’avais, par crainte probablement, nourri quelques inquiétudes sur sa venue.

D’un point de vue politique d’abord : ce que je craignais le plus, c’était une mise au point du discours de Latran, un retour à la tiédeur qui l’a précédé. Le fait est : j’ai eu tort ; puisque ce qu’on a entendu de la bouche de Sarkozy était une confirmation, un rappel de ce premier discours. Notre président persiste et signe, définissant cette « Laïcité positive » qui fit bondir la gauche et les francs-maçons.

Bien sûr, à bien y regarder, je pourrais à loisir me faire l’écho de tant de personnes que je connais pour qui rien n’est assez bien, rien n’est suffisant, et estimer que seul le calcul politique a guidé le chef de l’Etat dans cette démarche. Je pourrais penser que tant que la totalité de ses positions vis à vis de l’Eglise n’épousent pas les miennes, rien n’a été fait.

Mais je considère qu’aussi petit soit il, un pas en avant est un pas en avant, et qu’il faut s’en satisfaire avec joie. Lorsqu’on me dit que l’Homme a un besoin vital de transcendance, ça me parle. Lorsqu’on me dit que la société catholique a son mot à dire dans le monde d’aujourd’hui, ça me parle aussi. Lorsqu’on me cite les mots de frère Christian* en conclusion d’un discours, ces mots qui m’ont tant retourné quand je les ai lus, ça me fait vibrer.

Après des années où la « laïcité à la française » s’apparentait à la négation de la dimension spirituelle de tout un chacun, il nous est offert aujourd’hui d’œuvrer ouvertement pour aider notre pays à grandir, à faire les bons choix. Si je devais m’adresser à l’ensemble des catholiques, je dirais que nous avons enfin les moyens d’être écoutés, et alors il faut… nous faire entendre !

En ce qui concerne plus largement notre Eglise de France, la venue du Pape m’a mis devant une évidence : elle n’est pas morte ! Toute la France catholique n’est pas résumée dans ces messes insupportables qu’on trouve tellement dans certaines campagnes, où l’on en vient à douter de la conviction même de l’officiant. Une génération d’ecclésiastiques a été marquée par la crise d’identité qu’a connu notre Eglise après Vatican II, de même qu’ils ont été perméables, même de manière infime, aux idées progressistes véhiculées par 68. L’Eglise de France a perdu un peu de son essentiel, elle a cherché des repères qu’elle n’a pas trouvés, ses fidèles non plus. Les églises se sont vidées, les vocations se sont atténuées… Ce n’est pas l’unique raison, mais je pense (et ne demande qu’à être corrigé) que cela y a participé largement. Bref, l’Eglise ne se meurt pas, parce qu’elle est habitée de toute une génération entraînante, qui a une soif terrible du Christ. Qui a compris qu’elle était enfin au centre de toutes les attentions, et qu’elle est l’avenir.

C’est incroyablement porteur d’espoir, cette génération rayonne d’une envie de faire vivre l’Eglise qui est contagieuse. Et si c’est à JP II que nous devons le plus gros du travail pour le réveil la jeunesse, Benoît XVI fait fructifier cet élan salvateur. Pour paraphraser, BXVI travaille et sème dans le sillon laborieusement creusé par JPII.

Exit donc cette idée si répandue de « Pape de transition », ramenant BXVI à rôle de passeur de témoin presque anonyme. Image qui arrangeait beaucoup. Il est dans la continuité, il consolide dans la profondeur ce qui a été fait.

Le Pape a donc rappeler sa place à l’Eglise de France, et notre place à nous dans la société civile. Cessons par conséquent d’avoir peur de nos détracteurs et des laïcards extrémistes, souvenons nous que notre Foi n’a pas vocation à être enfermée dans le cercle privé. Elle doit transparaître sans prosélytisme dans nos prises de position, notre indignation en voyant une société en perte d’essentiel.

Nous ne vivons pas à contre-courant. Nous ne sommes pas marginaux. Quel délicieuse impression de se savoir Français, de se sentir catholique, et d’être bien dans ses pompes !

 

Vlad.


*Prieur de Tiberine

25.09.2008

"Douce France, doux pays de mon enfance..."



 

04.09.2008

J'y suis, s'y reste !

La question du retrait des troupes françaises, soulevée par la mort de nos soldats dans cette embuscade, fait débattre bon nombre de personnes, particulièrement à gauche. J’écoutais Jean-Marc Hérault, qui parlais de « re-déterminer la politique de présence française en Afghanistan », en gros de réfléchir à vider les lieux. L’atlantisme du Présydent ne tardera pas à être montré du doigt. Je ne doute pas que dans les semaines qui vont venir, la guerre contre les Talibans sera bientôt jugée comme aussi inutile que la guerre menée par les US en Irak.

Et pourtant, lâcher aujourd’hui l’Afghanistan, c’est la certitude de faire pencher de manière irrémédiable la région vers tous ce que nous craignons : un cordon de républiques islamiques (ou assimilées). Le Pakistan est particulièrement fragile depuis le retrait de Musharaff ( ?), l’Iran guette et l’Irak n’attend qu’une chose, une défaite morale de l’occident pour se retourner, et pencher en faveur du fondamentalisme, et ce malgré les progrès notables accomplis par les américains et les irakiens eux-mêmes, en matière de pacification.

Il n’y a pas de secret, c’était valable pour les Allemands en 42 comme pour les Talibans : il faut multiplier les fronts pour affaiblir. Si les méthodes sont moins classiques que nos dernières guerres mondiales, nous ne sommes pas moins en conflit ouvert. Contre un ennemis sans nation, sans ressortissant, sans armée véritable, mais ennemis tout de même et qui plus est, redoutable. Un très léger affaiblissement, une infime inflexion dans notre détermination à renvoyer ces dingues à leur paradis, serai considéré comme une première victoire par ces derniers.

L’Irak se calme (espérons pour longtemps) et il est évident que de nombreuses forces ennemies se retournent vers les montagnes Afghanes. Je crois que plutôt que de réduire, il faut densifier, et multiplier nos forces. Envoyer beaucoup plus de spécialistes de ce type de combats, de forces spéciales. Ce pays sera celui d’où le terrorisme musulman organisé sera battu, ou d’où il s’étendra, j’en suis persuadé.

Derrière cette menace, c’est nous, nos familles, notre quotidien qui sommes menacés. Car nous luttons (de bien loin et trop peu à mon sens de l’intérieur) contre des personnes pour qui en dehors de la foi musulmane, point de salut. Et pour qui il est légitime de tuer les infidèles (nombreux sont ceux qui portent ce titres, réformateurs, etc) , grâce à quoi l’on gagne des points de paradis. D’aucuns diront que je simplifie, et pourtant, je défie quiconque de me prouver le contraire. L’islam autrefois n’a jamais conquis autrement que par les armes. Jamais. Il n’y a pas de pacifisme, de cohabitation. Il y’a seulement la volonté (le devoir) de s’étendre, et de faire vivre le fondamentalisme qui règne parmi les fidèles.

Un fondamentalisme dont on ne peut pas dire qu’il soit marginal, tant il est inscrit dans le dogme musulman et dans l’histoire. Il est même moteur de l’Islam. Et il mène inéluctablement vers une involution des sociétés. Involution parce que le juste musulman se doit de vivre selon les règles de comportement attribuées au Prophète et ses acolytes, que ces règles sont écrite dans un Coran qui, frappé du sceau du Divin, ne doit faire l’objet d’aucune interprétation, d’adaptation. Le Coran est définitivement figé et son exégèse est hérétique.

Le fait est que l’Islam que nous côtoyons en France est un islam « soft ». Montré du doigt par les fondamentalistes, mal vu parce qu’il est teinté de mots vides tels que : « d’intégration », « d’ouverture », « de tolérance », notre islam républicain n’est en rien représentatif de ce que devrait être tout le monde musulman, selon eux. Il risque au contraire de souffrir autant que nous d’un manque de vigilance, et du manque de fermeté dont nous pourrions faire preuve face à l’islamisation lente et progressive de notre société.

Vlad.

28.08.2008

A notre lecteur

Si d'aventure un bon ami répondant aux initiales MR posait un oeil sur ces premiers messages, que cet oeil soit aussi indulgent que peu exigeant ... sur la qualité de ces lignes !

25.08.2008

Pour mémoire

Voici le texte intégral du discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne, le samedi 25 septembre 1993, aux Lucs-sur-Boulogne, pour l'inauguration de l'Historial de Vendée .

 

 

Discours intégral d'Alexandre Soljenitsyne en Vendée

 

 

 

 

« M. le président du Conseil général de la Vendée, chers Vendéens,

Il  y a deux tiers de siècle, l'enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux, si désespéré. Mais jamais je n'aurais pu imaginer, fût-ce en rêve, que, sur mes vieux jours, j'aurais l'honneur inaugurer le monument en l'honneur des héros des victimes de ce soulèvement.

Vingt décennies se sont écoulées depuis : des décennies diverses selon les divers pays. Et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les événements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l'incandescence des passions qui les accompagnent, mais à bonne distance, une fois refroidis par le temps.

Longtemps, on a refusé d'entendre et d'accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, de ceux que l'on brûlait vifs, des paysans d'une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait avoir été faite et que cette même révolution opprima et humilia jusqu'à la dernière extrêmité.

Eh bien oui, ces paysans se révoltèrent contre la Révolution. C’est que toute révolution déchaîne chez les hommes, les instincts de la plus élémentaire barbarie, les forces opaques de l'envie, de la rapacité et de la haine, cela, les contemporains l'avaient trop bien perçu. Ils payèrent un lourd tribut à la psychose générale lorsque fait de se comporter en homme politiquement modéré - ou même seulement de le paraître - passait déjà pour un crime.

C'est le XXe siècle qui a considérablement terni, aux yeux de l'humanité, l'auréole romantique qui entourait la révolution au XVIIIe. De demi¬-siècles en siècles, les hommes ont fini par se convaincre, à partir de leur propre malheur, de que les révolutions détruisent le caractère organique de la société, qu'elles ruinent le cours naturel de la vie, qu'elles annihilent les meilleurs éléments de la population, en donnant libre champ aux pires. Aucune révolution ne peut enrichir un pays, tout juste quelques débrouillards sans scrupules sont causes de mort innombrables, d'une paupérisation étendue et, dans les cas les plus graves, d'une dégradation durable de la population.

Le mot révolution lui-même, du latin revolvere, signifie rouler en arrière, revenir, éprouver à nouveau, rallumer. Dans le meilleur des cas, mettre sens dessus dessous. Bref, une kyrielle de significations peu enviables. De nos jours, si de par le monde on accole au mot révolution l'épithète de «grande», on ne le fait plus qu'avec circonspection et, bien souvent, avec beaucoup d'amertume.
Désormais, nous comprenons toujours mieux que l'effet social que nous désirons si ardemment peut être obtenu par le biais d'un développement évolutif normal, avec infiniment moins de pertes, sans sauvagerie généralisée. II faut savoir améliorer avec patience ce que nous offre chaque aujourd'hui. II serait bien vain d'espérer que la révolution puisse régénérer la nature humaine. C'est ce que votre révolution, et plus particulièrement la nôtre, la révolution russe, avaient tellement espéré.

La Révolution française s'est déroulée au nom d'un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s'exclure mutuellement, sont antagoniques l'une de l'autre! La liberté détruit l'égalité sociale - c'est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l'égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n'est pas de leur famille. Ce n'est qu'un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d'ordre spirituel.

Au surplus, à ce slogan ternaire, on ajoutait sur le ton de la menace : « ou la mort», ce qui en détruisait toute la signification. Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de grande révolution. Si la révolution du XVIIIe siècle n'a pas entraîné la ruine de la France, c'est uniquement parce qu'eut lieu Thermidor.

La révolution russe, elle, n'a pas connu de Thermidor qui ait su l'arrêter. Elle a entraîné notre peuple jusqu'au bout, jusqu'au gouffre, jusqu'à l'abîme de la perdition. Je regrette qu'il n'y ait pas ici d'orateurs qui puissent ajouter ce que l'expérience leur a appris, au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payé, eux, pour la révolution. L'expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du bonheur du peuple en tirent les leçons. Mais non ! En Russie, tout s'est déroulé d'une façon pire encore et à une échelle incomparable.

De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement appliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les socialistes internationalistes. Seul leur degré d'organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des jacobins. Nous n'avons pas eu de Thermidor, mais - et nous pouvons en être fiers, en notre âme et conscience - nous avons eu notre Vendée. Et même plus d'une. Ce sont les grands soulèvements paysans, en 1920¬-21. J'évoquerai seulement un épisode bien connu : ces foules de paysans, armés de bâtons et de fourches, qui ont marché sur Tanbow, au son des cloches des églises avoisinantes, pour être fauchés par des mitrailleuses. Le soulèvement de Tanbow s'est maintenu pendant onze mois, bien que les communistes, en le réprimant, aient employé des chars d'assaut, des trains blindés, des avions, aient pris en otages les familles des révoltés et aient été à deux doigts d'utiliser des gaz toxiques. Nous avons connu aussi une résistance farouche au bolchévisme chez les Cosaques de l'Oural, du Don, étouffés dans les torrents de sang. Un véritable génocide.

En inaugurant aujourd'hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. Nous avons traversé ensemble avec vous le XXe siècle. De part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, je le pense, les Français seront de plus en plus nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée ».

Alexandre SOLJÉNITSYNE

 

Après deux lectures, je tombe en admiration devant autant de clairvoyance, autant de vérité. Des lignes qui nous montrent ce qu’est la liberté d’expression : ne pas avoir peur de dire ce qui est, sans se soucier de faire du tort aux idées reçues, au risque même de remettre en cause la version inviolable de l’Histoire de notre pays. Version que des millions d’entre nous ont avalée sans ciller sur les bancs de l’école.  

En lui faisant suivre ce document, Amon, qui a toujours un œil sur nos politiques, me dit que cet automne un projet de loi sera déposé pour la reconnaissance du génocide vendéen. Je souhaite de tout cœur que ce projet aboutisse, sachant qu’il existe une grosse différence entre déposer un projet et faire voter une loi. Qu’importe, même si le projet reste au pied de l’Assemblée, ce sera déjà un grand progrès. 

Il n’est nullement besoin de s’étendre sur cette question, tant il paraît évident que cette requête est bien fondée. A une époque où plus que jamais le terme de "génocide" est connu, il est particulièrement grotesque de faire autant de bruit sur celui dont souffrirent les juifs, tziganes, etc., tout en occultant celui qui épura les campagnes vendéenne, bretonnes, de la Vienne…

Bien sûr, expliquer à des enfants que le régime qui commit autant d’atrocités est aussi celui que l’on célèbre comme le grand libérateur dans leurs manuels d’histoire, effectivement… c’est difficile. 

Mais il faut le faire. La publicité « pour mémoire » comme on dit, ne devrait pas être proportionnelle au nombre de victimes, ou relative à une époque. Chacun des juifs morts dans les camps Outre-Rhin mérite qu’on évoque encore et toujours leur martyr. De même, chacun des paysans, des femmes, des enfants et des prêtres qui furent exécutés pour leur amour du roi et de Celui qui donne à ce dernier son droit, mérite une place dans la mémoire de tous les français.

Vlad.

 

 

 

22.08.2008

Tintin l'Tibet !

Ce matin, en me levant aussi motivé qu’un veau à qui l’on a eu la courtoisie d'expliquer qu’il part pour l’abattoir, j’ai entendu à la radio que la Madone Royale, Kouchner et Rama Yade se rendront dans l’Hérault inaugurer un monastère en compagnie de son Immense Gracieuse et Généreuse Sainteté, j’ai nommé le Dalaï Lama.

 

L’événement en lui-même ne m’intéresse pas plus que ça, encore que je trouve étonnant de faire autant de publicité à une religion (ou philosophie), dont le courant a autant d’influence dans la vie spirituelle des français que les jeux olympiques n’en ont sur mon sommeil.

 

Deux choses me font rire depuis quelques temps : la première, c’est le soutien inconditionnel de la gauche, des bobos, des républicains de tous poils, à un modèle de gouvernance tibétain qui n'est ni plus ni moins qu’une...théocratie. Absolue ! Les démocrates français, fils de la Révolution qui illumina les nations, soutiennent un éventuel régime où non seulement il n’y a pas de séparation entre la religion et l’état, mais où tout repose sur un seul homme, non élu, pas plus que ne le seront ses successeurs.

 

Seconde joke, les déclarations de Ségo lorsqu’elle apprit que notre Président n’allait pas rencontrer le Dalaï Lama prochainement. Elle fustigea le manque de courage du chef de l’Etat, lui reprochant de s’incliner devant les intérêts économiques de la Nation, devant l’importance (véritable par ailleurs) des contrats AIRBUS. Désopilant, venant de celle qui, sur place, se permit (et là, que d’ignorance !) de louer la rapidité et l’efficacité de la justice chinoise… Comment peut-on trouver autant de bêtise et de contradiction dans une seule et même personne ? Cela devient rare.

 

Revenons à nos bonzes… La France, donc, défend l’opprimé. Juste cause assurément, si l’on est suffisamment objectif pour comprendre l’étendue du problème. Or c’est bien entendu là que le bât blesse; personne n’a l’air de comprendre grand chose, pas plus que récemment concernant l’Ossétie. Chez nous, il semble qu’on prenne systématiquement le parti de celui des deux opposants qui semble le plus révolutionnaire. Histoire oblige.

 

RSF, les verts, les cocos, puis la droite, tout le monde a "senti", sans une once de discernement, qu’il fallait se prononcer, sans réserve. La pensée unique est encore en marche. 

 

Pourtant, je me risque à cette comparaison : que dirions-nous si les russes, ou les chinois, estimaient que les corses récemment révoltés ont droit à l’indépendance, que ce n’est pas à nous d’en décider, et que nous n’avons pas intérêt à moufter si Medvedev et Hu Jintao recevaient en grande pompe Colonna libéré et nouveau héros de l’indépendantisme insulaire (on aura des trucs à dire sur lui, d’ailleurs) ? Nous répondrions « mêle-toi de tes oignons, blaireau ! », et à avec raison. Je trouverais personnellement insupportable de voir aux fenêtres de Pékin des drapeaux corses avec « Free Corsica ! », et ne serais sûrement pas le seul. Non ?

 

Et c’est exactement ce que nous faisons. Nous permettre de parler de quelque chose que nous n’essayons pas de comprendre, sans nous priver de donner une opinion tranchée. Que cela doit être insupportable à entendre ! Et quelle démonstration du politiquement correct !

 

Le Tibet à ma connaissance, tout Dalaï-Lamisant soit-il, est chinois depuis des lustres, tout comme l’Ossétie n’est pas plus Géorgienne que moi (deuxième tentative de récupération en 20 ans).

 

Mon propos n’est pas de dire qui il faut, ou ne faut pas, soutenir, car j’en serais bien incapable. Il est simplement d’encourager à penser un peu au-delà des opinions préconçues et imposées, de développer l’idée de ce qui est correct (ou pas) en y réfléchissant réellement, plutôt qu’en l’absorbant. 

Alors, fier étranger amateur de blogs et maniant la langue de Molière, ne désespère pas, et tu auras raison de penser qu’il existe dans ce pauvre pays qui est le nôtre quelques personnes, deux au moins, qui veulent réfléchir. Ce qui ne signifie pas réflexion juste, ça c’est un autre sujet…

Vlad.

21.08.2008

Volontaires

Volontaires c'est la devise du 8ème RPIMA

8, c'est le nombre de ses soldats qui viennent de tomber au champs d'honneur en Afghanistan.

Le 18 août aux abords de Saroubi dans cette province sous commandement Franco-Otanien, ce sont en tout 10 soldats Français qui ont trouvé la mort (8ème RPIMA, 2ème REP, Régiment de Marche du Tchad)

Les réactions dans la presse alternent entre l'obscénité des récupérations politiques (Cf François Hollande) et les éternels questionnements niais des grands enfants qui, choqués de constater que la guerre tue, s'interrogent sur le sens de notre engagement en territoire Afghan et par là-même sur l'utilité du sacrifice de ces militaires.

Il est à mon sens extrêmement irritant d'entendre ces "observateurs" disserter du bon investissement du sang de nos compatriotes. Entendent-ils par là que ceux-ci sont morts pour rien et ceux-là un peu moins ? Qui sont-ils pour disposer a posteriori, à l'abri derrière leurs écrans, de la mémoire, de l'engagement et du courage de ces hommes ? Qu'est ce que ce consumérisme de la mort ? Veulent-ils un retour sur un investissement par litre d'hémoglobine versé ? Et d'ailleurs... quelle cause mérite-t-elle légitimement qu'on meurt pour elle... ?

Ces hommes sont morts pour leur unité, pour accomplir leur devoir, par amour de leur métier, pour leur Patrie. La grandeur du soldat réside dans le fait qu'il accepte de mettre sa vie en jeu quelle que soit la nature du combat, les enjeux et les raisons. Le verbe qui revient le plus souvent dans la terminologie militaire est "servir"... Volontaires... Mais le mot abnégation dans notre société égo-hédoniste est certainement devenu fort ésotérique ! Qu'on laisse désormais leurs familles et leurs compagnons d'armes les pleurer et évitons Messieurs les observateurs d'ergoter impudiquement sur "l'intéret" de leur mort.

Ce triste évenement vient également de donner un formidable sac de grain à moudre à nos éternels gaullistes-antiques anti-OTAN... Que de Tribune sur Sarko l'Américain et sur la vassalisation de la France par les Etats-Unis...

Si l'Atlantisme de Nicolas Sarkozy n'est effectivement plus à prouver, son pragmatisme l'est encore moins. En ce qui concerne la menace terroriste, la réorganisation récente des offices de renseignements Français constitue une première avancée non-négligeable. Dans le cas du conflit Afghan...il en va désormais de la même logique. S'y adjoignant une notion de responsabilité supplémentaire.

Rappelons que la coalition des forces Italo-Canado-Germano-Américano-Française est présente dans ce pays depuis 2001. L'opération de maintient de la paix initiale se convertit en véritable conflit armé depuis quelques mois. Et gageons que nous nous orientons vers un acroissement de cette guerre étant donné l'organisation de plus en plus efficace des talibans et leur influence grandissante sur la population du fait d'une montée de ce que j'appellerai le syndrome US GO HOME.

L'envenimement du conflit conduit les beaux esprits à arbitrer sur la question de la présence de la France en Afghanistan. On parle d'un panurgisme à la Française vis à vis du grand frère au drapeau étoilé... On ressort les antiennes de Charles de Gaulle au sujet du "machin"... Bref, maladie Française dont le vaccin reste à ce jour inconnu : on perd de vue les réalités d'un problème et la difficulté des décisions qu'il impose au profit de postures intellectuelles élégantes et d'éternels questionnements non-constructifs.

Cette région du globe est connue pour la formation militaire et idéologique des fondamentalistes musulmans. La période de flottement gouvernemental au Pakistan est la brêche dont ils rêvaient et l'instrumentalisation du conflit israelo-pamestiniens est chaque jour plus aisée...

 Ce pays de bergers avant tout celui de l'incubation du terrorisme islamique. Des contingents internationaux sont présents sur place depuis 7 ans, une expertise militaire existe, les ennemis sont clairement identifiés et de plus en plus vindicatifs. Il en va de notre responsabilité vis à vis de nos citoyens mais également vis à vis du reste du monde en tant que Puissance militaire et diplomatique prépondérante de prendre le problème à bras le corps. Et de frapper.

Les attermoiements quant aux agissements de la France sous l'égide de l'OTAN auront toujours droit de cité. Et certaines de ces critiques seront toujours légitimes. Mais dans le cas présent il faut agir.

C'est toute une Nation qui pleure ses 10 fils, toute une Nation qui est touchée en son coeur. Mais les blessures seront plus profondes dans sa chaire lorsqu'un jour elles lui seront infligées à l'intérieur de ses frontières.

Pour éviter que ce jour n'arrive, prions pour que les plumes s'alignent au côté des baïonnettes.

Amon.

 

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